
La police judiciaire mène une enquête préliminaire concernant des actes de faux en écriture (art. 225 du Code pénal) et d’intimidation de témoin (art. 285a du Code pénal) impliquant de hauts responsables du parti D66. Ces soupçons découlent de la manipulation délibérée de documents et de règlements dans l’intention de simuler une réalité procédurale. L’objectif était de justifier a posteriori une règle inventée de toutes pièces lors du Congrès 122, afin d’étouffer une opinion politiquement importune.
Ce long format examine le contexte, la genèse, la découverte et les répercussions de cette affaire. Il débute par la toile de fond. Pour passer directement à l’incident qui a donné lieu à ce (possible) faux en écriture, vous pouvez faire défiler la page jusqu’à la section Le règlement intérieur de Schrödinger. La matérialisation des délits, quant à elle, est abordée dans la partie intitulée Un écrit destiné à servir de preuve d’un fait.
Je pourrais avancer que ce drame a commencé avec un tract lors du Congrès 122. Mais ce serait faire offense à la réalité. Cette histoire commence avec une jeune fille, le 20 mai 2006 à Idleb, en Syrie. Là-bas est née une fille rebelle qui allait nourrir un profond désir de liberté. Après le déclenchement de la guerre civile, elle et sa famille ont trouvé la sécurité, et surtout : la liberté, dans notre pays. Son désir de liberté n’était cependant pas apprécié au sein de la famille.
Dès l’âge de quatorze ans, elle s’est enfuie chez les voisins dans le froid de l’hiver, pieds nus et vêtue d’une tenue d’intérieur rose, parce que son père avait menacé de la tuer. Après des années de violence, d’interventions de la protection de l’enfance et, surtout, de solitude, tout cela a culminé avec ces mots : c’est fini, je ne veux pas vivre comme vous. Quelques jours plus tard, dans la nuit du 27 au 28 mai 2024, elle a été mise à mort par son père et ses frères. Son nom était : Rayaan al-Najjar. Nous n’en savons pas beaucoup plus sur elle. Les fragments de peau de son père que la police judiciaire a trouvés sous ses ongles nous disent en tout cas que Rayaan s’est battue pour sa liberté jusqu’à son dernier souffle.
Tous ceux qui aspirent à la liberté et qui ont, par hasard, des ancêtres nés à l’étranger ne finissent pas avec du ruban adhésif sur la bouche dans un marais sordide du polder. Plus souvent, l’individu libre, assigné à l’islam, développe toutes sortes de stratégies pour faire face à cette violence (verbale, psychologique ou physique). Je connais très peu de femmes (et d’homosexuels) qui n’ont pas été victimes de violences idéologiques ou qui n’ont pas adapté leur comportement pour les éviter. Cette violence idéologique porte de nombreux noms – violences liées à l’honneur, mariage forcé (viol systématique) ou abandon (émigration forcée) – mais ils partagent tous le fait de cibler l’individu qui refuse de se conformer au rôle qui, selon les patriarches, aurait été décrété par Dieu. Il s’agit d’une violence à motivation idéologique.
Stop aux violences contre les femmes blanches
Les progressistes haïssent le patriarcat. Il en va de même pour le D66, noble maison des Lumières. Après qu’une jeune fille de dix-sept ans originaire d’Abcoude a été tuée – de manière totalement arbitraire – alors qu’elle rentrait chez elle à vélo, le débat sur les féminicides a été relancé. J’ai écrit une tribune à ce sujet dans De Volkskrant : Le débat sur les féminicides est institutionnellement raciste. La question centrale de cette tribune était de savoir pourquoi les féministes du polder voient dans la mort d’une jeune joueuse de hockey blanche l’occasion de l’ériger en symbole national, tout en ignorant complètement une femme exécutée par son père et ses frères après des années de lutte pour disposer de son propre corps et de son esprit.
À la suite de cette tribune, j’ai également été invité au podcast du Volkskrant, Culturele Bagage (Bagage culturel), pour en parler, dans le cadre du thème plus vaste selon lequel les violences faites aux femmes sont aussi un problème d’hommes. Avec l’animatrice Esma Linnemann, j’approfondis les statistiques. À la fin de l’entretien, Linnemann me demande si j’ai des conseils concrets à donner aux hommes. Plus tôt dans la discussion, nous avions déjà abordé l’importance de réfléchir au langage que l’on emploie, et surtout aux présupposés qui s’y cachent. Bien que j’envisage d’évoquer l’une de mes techniques de conversation habituelles – à savoir demander aux hommes pourquoi leur « honneur » dépend de ce que leur mère ou leur sœur fait de son vagin –, j’opte pour un exemple plus prudent. « Mais, » dis-je, « je pense que nous avons parfois aussi besoin de la botte brutale de l’État. »
C’est cette botte brutale de l’État (que je rebaptiserais plus tard le poing de la liberté) qui a qualifié l’esclavage et l’apartheid de crimes contre l’humanité. De la même manière, les systèmes sous-jacents qui alimentent les violences faites aux femmes doivent être érigés en crimes contre l’humanité. « Le patriarcat, » ajoute Linnemann. Après tout, la reconnaissance de l’esclavage et de l’apartheid comme crimes contre l’humanité a finalement, elle aussi, commencé par un individu ayant une idée. Quel est l’endroit le plus évident pour semer les graines de cette idée ? Le D66.
Lors de la journée d’accueil des nouveaux membres du D66, j’avais déjà abordé le sujet avec le Réseau Els Borst (EBN), le réseau des femmes du D66. Lors de cette réunion, qui se tenait, il me semble, dans la salle Aletta Jacobs de la Chambre des représentants, il y avait une poignée d’hommes. Les animateurs leur ont alors demandé ce qui les motivait à être présents en tant qu’hommes. Pour autant que je m’en souvienne, les autres hommes ont servi un discours classique sur le fait qu’il est triste que leur petite amie ne soit pas traitée sur un pied d’égalité, ou quelque chose de ce genre. J’ai répondu : « Je suis ici pour débattre de l’idée que le patriarcat, en tant que système socio-juridique, est un crime contre l’humanité et que le D66 doit en jeter les bases en droit international. »
Par la suite, j’ai également présenté l’idée à la présidente de l’EBN. Celle-ci a immédiatement pensé à l’islam et s’est demandé comment cette idée s’articulerait avec la liberté de religion. Quoi qu’il en soit, nous étions d’accord sur le fait que l’islam est un système intrinsèquement patriarcal. Cependant, la question de savoir quelle liberté pèse le plus lourd, celle de la religion ou celle de la femme insoumise qui refuse de se plier au patriarcat, est restée sans réponse. Je suis rentré chez moi en me demandant ce qu’Aletta Jacobs en aurait pensé.
Le 11 septembre 2025, le D66 a déposé la note d’initiative Mettre fin aux violences contre les femmes. Elle contient toutes sortes de propositions visant à améliorer la protection institutionnelle des femmes, telles qu’un mandat élargi pour intervenir dans la sphère privée et une meilleure protection juridique. Fait remarquable, il n’y a aucune mention de mesures contre les formes de violence à motivation idéologique. Comme je l’ai écrit dans ma tribune :
Un centre d’hébergement pour femmes peut vous protéger contre un ex harceleur, mais ce n’est pas une forteresse contre une idéologie. Cet angle mort laisse les femmes, principalement celles issues de l’immigration, complètement livrées à elles-mêmes. Si vous voulez un exemple concret de ce à quoi cela peut mener, je vous renvoie à [Rayaan] al-Najjar. Elle bénéficiait pourtant d’une protection, mais celle-ci a été levée à un moment donné. Ceux qui la menaçaient avaient-ils eu de nouvelles révélations ? Avaient-ils rejeté leur idéologie liberticide ?
Le D66 a précédemment élaboré le Plan de lutte contre les féminicides. Dans ce document, les auteurs affirment que les féminicides sont souvent balayés sous le terme de « crime d’honneur », comme si l’exécution d’une femme pour des raisons idéologiques devait en minimiser la gravité. Pourtant, ce document ne contient lui non plus aucune mesure politique concrète pour combattre la violence à motivation idéologique à l’encontre des femmes et des minorités sexuelles de couleur. De toute évidence, un angle mort concernant cette violence s’est créé au sein du D66 lors de l’avènement de la dynastie Pechtold-Kaag-Jetten. Dans un passé lointain, sous la direction de Boris Dittrich, le D66 plaidait encore pour des mesures sévères, telles que le retrait du permis de séjour, voire de la nationalité néerlandaise.
La plupart des partis politiques aux Pays-Bas sont des associations, tout comme le D66. Selon la loi néerlandaise, une association dispose d’une Assemblée générale, une réunion des membres ayant le droit de vote, qui constitue l’organe suprême de l’association. Dans une démocratie associative qui fonctionne, les membres exercent ainsi une influence sur le cap du parti. Dissiper l’angle mort du D66 concernant les violences à motivation idéologique à l’encontre des femmes et des minorités sexuelles de couleur pouvait donc se réaliser facilement : par une simple décision de l’Assemblée générale du D66.
L’Assemblée générale du D66 déclare ce qui suit
Tout comme au parlement, les partis politiques néerlandais votent des motions lors de leur Assemblée générale. Au sein du D66, une motion se compose de trois parties. La première partie rassemble les constats. Ce sont les faits qui ont motivé la motion. La deuxième partie présente les considérations. Ces considérations sont les arguments qui doivent étayer la troisième partie, le dispositif. Le dispositif est la partie contraignante de la motion, qui peut par exemple consister en une déclaration de principe (déclare ce qui suit) ou en un appel adressé à un organe du parti ou au groupe parlementaire (appelle le Bureau national à, appelle le groupe parlementaire à la Chambre des représentants à). La motion prend ainsi finalement la forme suivante : L’Assemblée générale du D66 […] constate […] considère […] appelle à/déclare ce qui suit […] et passe à l’ordre du jour. Si la majorité des membres vote pour la motion, le dispositif devient contraignant pour l’association.
À l’été 2025, la section d’Amsterdam du D66 a organisé une rencontre sur les féminicides. Là non plus, il n’a pas été question de violences à motivation idéologique – bien qu’à Amsterdam, un drone ait un jour littéralement survolé un festival pour vérifier si les filles se comportaient de manière suffisamment « halal » –, mais cette réunion a tout de même porté ses fruits. J’y ai discuté avec un membre à qui j’ai fait part de mon idée de qualifier l’apartheid de genre de crime contre l’humanité. Elle a attiré mon attention sur la Convention d’Istanbul, un traité de droit international qui vise à éradiquer les violences faites aux femmes. L’article 12 de la convention stipule :
Les Parties prennent les mesures nécessaires pour […] éradiquer […] toutes autres pratiques fondées sur l’idée de l’infériorité de la femme ou sur un rôle stéréotypé des femmes et des hommes […] Les Parties veillent à ce que la culture, la coutume, la religion, la tradition ou le prétendu « honneur » ne puissent être invoqués pour justifier les actes de violence couverts par le champ d’application de la présente Convention.
De toute évidence, le D66 produit donc aussi des notes d’initiative et des plans de lutte qui sont contraires au droit international, ou du moins négligents dans sa mise en œuvre, et tout particulièrement négligents dans les aspects qui concernent les femmes de couleur. Fort de ces connaissances, j’ai donc rédigé une motion pour la 122e Assemblée générale du D66 afin de corriger le cap du parti en la matière. Initialement, il s’agissait de trois motions, mais la Commission de décision a statué que je devais les fusionner en une seule. Le texte final fut donc le suivant :
L’Assemblée générale du D66, réunie le samedi 4 octobre 2025 à ‘s-Hertogenbosch [...] déclare que :
dans la lutte de l’individu contre les normes patriarcales, homophobes et collectivistes, le D66 prend inconditionnellement le parti de l’individu
les conceptions patriarcales doivent être combattues inconditionnellement, sans distinction d’origine culturelle ou religieuse
appelle le groupe parlementaire à la Chambre des représentants à :
soutenir en paroles et en actes, dans l’exercice de la politique, la lutte pour l’émancipation des filles et des femmes issues de l’immigration et, par extension, des minorités sexuelles et des personnes aux opinions dissidentes, explicitement lors de l’élaboration des politiques relatives aux féminicides et à la sécurité des femmes
évaluer la violence à motivation idéologique, à l’encontre des personnes qui souhaitent prendre part à la société libre, avec la même gravité que la violence politique.
Le texte complet de la motion peut être lu ici et devait recevoir la désignation APM122.01. Pour la 122e Assemblée générale, d’autres membres avaient également soumis un certain nombre d’amendements au programme électoral, notamment pour contrôler plus strictement l’enseignement religieux. Afin d’informer les membres du D66 de la gravité des violences à motivation idéologique à l’encontre des femmes et des minorités sexuelles de couleur, j’ai donc conçu un tract. En prenant conscience de cette gravité, les membres du D66 opteraient très certainement pour une ligne plus laïque et choisiraient de meilleures mesures afin de garantir que la liberté soit pour tous, et pas seulement pour les personnes blanches.
Par l’intermédiaire de la chroniqueuse judiciaire Saskia Belleman, j’avais appris que Rayaan, juste avant que son père et ses frères ne l’exécutent, leur avait fait savoir qu’elle en avait assez et qu’elle ne voulait plus vivre comme eux. C’est pourquoi j’ai placé ces mots au recto du tract : « C’est fini. Je ne veux plus vivre comme vous. Ryan al-Najjar (2006-2024) ». Sur la droite, j’ai placé son portrait, où elle porte encore le foulard qu’elle enlevait au coin de la rue après avoir quitté le domicile familial, car c’était la seule photo d’elle que je pouvais trouver. Rayaan devrait pourtant être une héroïne typique du D66, en tant que femme ayant lutté des années durant pour prendre le contrôle de sa propre vie. Qui d’autre devrait figurer en première page d’un tract du D66 sur ce sujet ? Lisa d’Abcoude ? Le fait que Rayaan n’ait pas plié face à l’oppression et qu’elle l’ait combattue jusqu’à son dernier souffle fait qu’orner le recto d’un tract sur la liberté avec ses mots inflexibles est bien le moindre des hommages que nous puissions lui rendre.
Au verso du tract, j’ai placé des statistiques sur les violences à motivation idéologique contre les femmes et les minorités sexuelles de couleur. J’ai écrit en dessous :
Ce n’est pas un phénomène « étrange » ou « culturel ». Il s’agit d’une violence à motivation idéologique de la même gravité que la violence politique. L’absence d’approche globale dans les politiques publiques constitue une forme de racisme institutionnel.
Sur le côté droit du verso, j’ai inséré un texte politico-idéologique afin d’apporter un éclairage sur Rayaan et sur ces chiffres. « Le D66 a toujours été aux avant-postes de la lutte pour l’émancipation de l’individu, » ai-je écrit, « Cent cinquante ans après Aletta Jacobs, l’ambition de devenir médecin est encore assassinée parce que des filles chastes ne devraient pas prendre le bus dans l’obscurité. »
Pour parachever l’ensemble, j’ai repris le logo du site web du D66, une citation du projet de programme électoral, et j’ai veillé à ce que la police de caractères et les couleurs correspondent à la mise en page habituelle des tracts du D66. Ensuite, j’ai chargé une imprimerie d’en tirer cinq cents exemplaires. J’en ai également envoyé une version numérique au groupe parlementaire du D66.
J’ai par ailleurs consulté le site web du D66 pour en vérifier les règlements. Aucun règlement intérieur n’y figurait, mais il y avait bien une page édictant des règles spécifiques au Congrès 122 du 4 octobre 2025. On y trouvait d’ailleurs une consigne concernant la distribution de tracts, en réponse à la question Puis-je distribuer des tracts lors du congrès ? :
Lors du congrès, il est permis de distribuer des tracts en lien avec le D66. Veillez à ce que les tracts aient une présentation soignée et respectent la charte graphique du D66, afin que tout le monde puisse voir qu’ils émanent du parti. Vous avez des questions ou un doute ? Contactez-nous à l’adresse congres@d66.nl.
Le tract indiquait en tout cas sans ambiguïté qu’il s’agissait d’une initiative de membres et qu’il était exclusivement destiné à être distribué au sein du D66. Je n’avais aucun doute quant à la charte graphique, puisqu’elle était basée sur le site web du D66 et sur des tracts antérieurs. Pour autant qu’un tel doute puisse exister, l’art. 6:238, alinéa 2 du Code civil néerlandais (BW) y remédiait : « En cas de doute sur le sens d’une clause, l’interprétation la plus favorable à l’autre partie prévaut. » Qui est l’autre partie dans le cadre de ces règles du congrès ? Le participant au congrès. En d’autres termes : moi-même.
Armé du Code civil, des règles du congrès du D66 et de cinq cents tracts, j’ai réservé un hôtel dans le centre de Bois-le-Duc (Den Bosch) pour la nuit du 3 au 4 octobre 2025. C’est ce que je fais généralement lorsque je me rends à un congrès du D66, car bien que ceux-ci aient toujours lieu le samedi, l’organisation tient à les faire commencer à neuf heures et demie du matin. Avant de m’endormir, je pose ma ceinture, ma cravate, ma veste bleu marine et mon pantalon bleu marine sur l’un des lits de la chambre d’hôtel. Je le fais rarement, mais comme je dois également m’adresser à l’Assemblée générale du D66 avec un discours d’ouverture et un discours de clôture lors de l’examen de ma motion APM122.01, je ne peux pas me permettre d’arriver en retard.
Vers quatre heures et demie du matin, des chants bruyants me réveillent. « Nous brûlons les juifs ensemble, car les juifs brûlent le mieux », résonne sur les murs de la Hinthamerstraat dans la commune de Bois-le-Duc (’s-Hertogenbosch). « Sieg heil », poursuit le chœur, « sieg heil, sieg heil ! » Un samedi matin pluvieux au pays de Spinoza, avant le 122e congrès du D66, où nous écouterons sans aucun doute attentivement un discours très rassembleur du chef du parti. Peut-être cette divergence entre la réalité et la bulle administrative était-elle le présage de ce qui allait suivre.
Le règlement intérieur de Schrödinger
Le matin du 4 octobre 2025, je me tiens, avec une boîte contenant cinq cents tracts, avant même neuf heures à la réception du 122e congrès du D66, le Congrès 122. J’ai failli être laissé à la porte de l’Assemblée générale où j’étais moi-même porte-parole d’une motion, car en raison d’un problème technique, je ne pouvais plus acheter de billet pour le congrès. Le Bureau national, organisateur du congrès, ne pouvait pas m’aider davantage et m’a suggéré de suivre la réunion via la retransmission en direct. À la question de savoir comment je devais alors prendre la parole pour ma motion, ils n’ont pas répondu. Heureusement, j’ai pu reprendre le billet d’un autre membre, que je lui ai remboursé, et mon accès au congrès a été assuré.
Après avoir reçu un bracelet – bien que les tampons soient plus durables (mais plus populaires), l’organisation du congrès préfère systématiquement les bracelets –, je me dirige directement vers les machines à café. Non pas pour boire du café, mais pour y déposer mes tracts. Contrairement aux autres participants au congrès, qui flânent tranquillement pour entrer dans les Brabanthallen, je me mets tout de suite au travail. La seule autre agitation vient des membres des sections thématiques, qui montent leurs stands dans le hall central. Dans ce hall central, la « Place de la Restauration » (Horecaplein) comme l’appelle le D66, il y a aussi des mange-debout. On y trouve le célèbre tract « C’est possible » (« Het kan wél »), que le D66 a utilisé pendant la campagne électorale. Puisque c’est possible, je dépose mes propres tracts à côté, ce qui donne lieu à cette composition particulière : « C’est fini. Je ne veux pas vivre comme vous. C’est possible ».
Ensuite, je me dirige vers la salle plénière – la salle de réunion où se réunit l’Assemblée générale. En chemin, je tombe sur un autre espace, où est suspendu un écran pour suivre la retransmission en direct, qui comprend également des mange-debout sur lesquels je laisse bien évidemment des tracts. Puis je continue d’avancer vers les premières rangées de chaises, pour y déposer également les tracts. Un tract sur une chaise offre la garantie à cent pour cent d’être vu. J’ai d’abord hésité à le faire, mais comme j’avais discuté de cette idée quelques jours plus tôt avec quelques membres du bureau local et un membre du comité d’arrondissement, qui ont trouvé que c’était un excellent plan, il n’y avait plus l’ombre d’un doute lors du congrès lui-même.
Alors que j’ai presque terminé la deuxième rangée, un monsieur m’aborde. Il se présente comme l’Eventmanager. Il jette un coup d’œil à la pile de tracts que je tiens à la main et me demande de patienter un instant avant de déposer les tracts sur les chaises. Ne sachant pas si c’est autorisé, il va en discuter un moment avec « Sabine ». Je ne sais pas qui est Sabine, mais je suppose qu’il s’agit de sa supérieure. À son retour, l’Eventmanager me demande si je veux bien retirer les tracts des chaises. J’essaie encore de négocier avec lui, mais il me répond que s’il fait une exception, il devra le faire pour tout le monde. Comme on dit aux Pays-Bas : on a déjà le non, on peut toujours essayer d’obtenir un oui. Cette fois-ci, c’est resté un non. J’accède ensuite à sa requête et je retire les tracts des chaises.
Après avoir récupéré les tracts, je me dirige dix minutes plus tard vers l’entrée de la salle plénière, par laquelle affluent les participants au congrès. S’il y a un endroit idéal pour distribuer des tracts, c’est bien là. En chemin, une silhouette me barre la route. Pendant qu’elle fait cela, trois hommes m’encerclent, dont l’Eventmanager. Elle se tient si près que je peux sentir son souffle. Avec un certain malaise et une certaine désorientation, je lui serre la main, péniblement, car normalement on tend le bras pour donner une poignée de main, mais c’est impossible parce qu’elle se tient trop près. « Sabine Andeweg, directrice du Bureau national », dit-elle. « Izzy », dis-je.
Elle me demande d’arrêter de distribuer les tracts. Je demande pourquoi. Parce que ce n’est pas autorisé. Je dis que le site web du D66 indique que si. Ce n’est pas le cas, rétorque la directrice du Bureau national. Je prends alors mon téléphone, je me rends sur la page des règles du Congrès 122, et nous lisons ensemble le texte :
Lors du congrès, il est permis de distribuer des tracts en lien avec le D66. Veillez à ce que les tracts aient une présentation soignée et respectent la charte graphique du D66, afin que tout le monde puisse voir qu’ils émanent du parti. Vous avez des questions ou un doute ? Contactez-nous à l’adresse congres@d66.nl.
Tout en regardant l’écran de mon téléphone, la directrice du Bureau national affirme que j’aurais d’abord dû demander l’autorisation pour distribuer mes tracts. Je réponds que ce n’est pas le sens du texte, et qu’il ne faut envoyer un e-mail qu’en cas de questions ou de doutes. La directrice rétorque que j’aurais dû envoyer un e-mail. Je lui dis que je n’avais aucun doute. Sans répondre à cela, la directrice affirme que la charte graphique n’est pas respectée et que ce serait l’ancien logo du D66 qui figurerait sur le tract. Bien que le logo provienne du site web, elle ne précise pas en quoi ce logo différerait fondamentalement du prétendu nouveau logo. Ensuite, la directrice fait remarquer que le slogan « personne n’est libre tant que nous ne sommes pas tous libres » n’est pas du D66. Je lui signale que celui-ci est tiré du projet de programme électoral sur lequel nous votons aujourd’hui. De toute évidence, nous sommes dans une impasse, la directrice du Bureau national du D66 et moi.
C’est pourquoi je lui fais savoir sans aucune ambiguïté que je considère sa décision comme arbitraire et irrégulière. Je n’ai donc pas l’intention de cesser de distribuer les tracts, à moins que la directrice ne puisse démontrer qu’il existe une base réglementaire à cette mesure. Elle indique qu’elle va se concerter et disparaît ensuite, non sans me signifier une fois de plus avec insistance que je n’ai pas le droit de distribuer les tracts. L’Eventmanager disparaît avec elle. Je pose la boîte de tracts sur un mange-debout situé à côté de l’entrée de la salle plénière, et m’y adosse d’un air mi-nonchalant. Pendant que j’attends là, les deux hommes restants m’observent. Comme cela provoque en moi un certain malaise, je sors nerveusement un tract de la boîte pour détourner mon attention. « Ne distribuez pas le tract, » m’avertit l’un des hommes. Je remets le tract dans la boîte et j’essaie alors de me changer les idées en me posant cette question : avec qui la directrice du Bureau national, la plus haute responsable de l’organisation du congrès, doit-elle donc se concerter au sujet de sa propre décision ?
Lorsque la directrice du Bureau national du D66 revient, elle m’annonce que je peux distribuer le tract jusqu’à l’examen de ma motion, APM122.01. J’envisage de lui demander comment l’autorisation de distribuer des tracts passe soudainement de « doit être demandée au préalable » à « est liée à un point de l’ordre du jour », mais compte tenu de l’atmosphère intimidante, je choisis la sagesse plutôt que la résistance. Je crains qu’en cas d’obstination ou de résistance de ma part, elle ne fasse appel à la sécurité. C’est pourquoi j’accepte de coopérer. Elle m’indique également que je dois retirer les tracts des mange-debout dans l’espace adjacent à la salle plénière, ce à quoi j’obtempère. Pendant que je retire les tracts, les deux hommes continuent de m’observer.
Ma motion sera examinée dans environ un quart d’heure, j’en profite donc pour distribuer autant de tracts que possible. En tout cas, Jan Paternotte – aujourd’hui chef du groupe parlementaire du D66 – accepte le tract avec le sourire. Les autres participants au congrès n’émettent aucune objection non plus. Puis vient le moment où ma motion est soumise à l’examen de l’Assemblée générale du D66.
Lors de l’Assemblée générale du D66, il est d’usage qu’au moment de l’examen d’une motion ou d’un amendement, la présidence demande si quelqu’un souhaite en débattre. Si personne ne le souhaite, on passe directement au vote. J’ai déjà pris place dans l’une des premières rangées, juste à côté du micro d’intervention. La présidence elle-même est installée sur l’estrade du congrès à une grande table, réunissant souvent trois personnes, qui scrutent alors la salle du regard pour s’en assurer. C’est également ce qui se passe lors de l’examen de ma motion. « Si un débat est souhaité, nous allons en discuter », annonce la présidence. Je me lève d’emblée, anticipant la question de savoir si quelqu’un souhaite prendre la parole. « Je ne vois personne souhaiter débattre, je pense donc que nous pouvons passer au vote. » Quelque peu décontenancé, je me rassieds, car je n’ai aucune envie d’un second conflit. Le vote s’ensuit. La motion est adoptée à 97 % des voix.
Après le vote, je reste assis pour l’examen des amendements. Soudain, une main surgit dans mon dos et brandit une pile de tracts devant mon visage. Je lève les yeux pour voir à qui appartient cette main. Il s’avère que c’est l’un des hommes de la garde rapprochée de Sabine Andeweg. Il me demande si je veux bien dire à mes « amis de la section thématique » de ne plus distribuer les tracts. « Oui, très bien », dis-je, bien que je n’aie absolument aucune idée de ce qu’il veut dire par là. Je récupère les tracts, les remets dans la boîte et me reconcentre sur les amendements.
Plus tard dans la journée, la batterie de mon téléphone commence à s’épuiser. Le vote se déroulant de manière numérique, je retourne à la réception pour demander où je peux recharger mon téléphone. C’est alors qu’apparaît soudain la directrice du Bureau national, qui me lance qu’il n’est pas question que je discute avec toutes sortes de gens. Je n’ai plus l’énergie de demander ce qu’elle veut encore dire par là, et je vais donc simplement recharger mon téléphone dans ma voiture sur le parking. Bien que Rob Jetten, plus tard dans la journée, lors de son discours rassembleur, ait clamé avec toute son énergie positive que « c’est possible », et que les membres l’aient sans doute scandé avec lui, je rentre chez moi par la suite avec le sentiment tenace que quelque chose n’est pas possible.
Un écrit destiné à servir de preuve d’un fait
Si Rayaan al-Najjar n’a pas plié face aux bourreaux qui l’ont mise à mort en raison de son désir de liberté, je ne plierai certainement pas devant Sabine Andeweg et sa garde rapprochée. À l’issue du Congrès 122, j’étais furieux. Les arguments de façade et les raisonnements orientés de Sabine Andeweg montraient déjà clairement qu’il ne s’agissait pas d’une banale infraction procédurale.
Quelle infraction procédurale une cadre expérimentée fait-elle appliquer avec une escorte de trois hommes ? Quelle responsable finale part se concerter pour ensuite revenir sur sa propre décision ? Quel règlement du D66 stipule que les membres n’ont pas le droit de discuter avec d’autres personnes lors des congrès du D66 ? Le fait que des cadres du D66 inventent manifestement des règles sur place pour effacer des perspectives qui les dérangent, est en totale contradiction avec ce que le D66 prétend défendre. Il fait d’ailleurs la leçon au Parti pour la Liberté (PVV) sous prétexte que ce dernier n’a pas de membres, et veut même modifier la Loi sur les partis politiques pour cette raison. Mais que signifient les membres, si l’establishment les traite de la sorte ?
Et surtout : il ne s’agissait pas d’un simple tract. C’était un hommage à l’héroïsme d’une femme qui est morte pour avoir revendiqué des libertés qui sont sacrées pour le D66. Dans les faits, Sabine Andeweg, la directrice du Bureau national, a achevé à titre posthume, lors du Congrès 122, le travail des bourreaux de Rayaan, à savoir l’effacement de son autonomie. Ses mots, qui figuraient au recto du tract, ont été la raison directe pour laquelle son père et ses frères l’ont abandonnée dans les Oostvaardersplassen avec du ruban adhésif sur la bouche, afin que ces mots criminels de liberté ne soient plus jamais prononcés. Manifestement, Sabine Andeweg voulait, elle aussi, étouffer ces mots. Ou bien les tiers, qu’il reste à identifier, qui lui en ont donné l’ordre. C’est pourquoi cela ne pouvait rester sans conséquences. N.B. : il s’agit d’une interprétation hyperbolique et polémique qui repose sur une base factuelle suffisante et bénéficie ainsi de la protection de l’art. 10 de la CEDH.
Pour faire valoir ces conséquences, j’avais deux options. La première était une procédure devant la Commission des litiges (Geschillencollege), le juge interne du D66. Non pas que j’y accordais une grande confiance, car elle avait déjà couvert le fait que la Commission de décision avait rejeté un amendement en s’appuyant sur une règle inventée sur place. Cet amendement portait sur la position du D66 contre les pratiques de conversion. Étant donné que la position actuelle visait principalement les prestataires agissant à titre professionnel, ce qui est caractéristique des pratiques de conversion dans la sphère blanche et chrétienne, je voulais l’étendre à la sphère informelle, en luttant en particulier contre les « exorcismes de démons ou de djinns ». La Commission de décision s’était défendue en arguant qu’en pratique, elle appliquait également d’autres règles que celles figurant dans son règlement formel, ce que la Commission des litiges avait manifestement jugé fondé. Que la Commission des litiges juge différemment la mesure inventée de toutes pièces lors du Congrès 122 était donc d’ores et déjà douteux.
La deuxième option était le journalisme. En octobre 2025, j’étais chroniqueur invité du dimanche pour De Volkskrant. Mon contact direct avec la rédaction de la rubrique opinion signifiait également que la voie vers la rédaction politique était très courte. L’histoire selon laquelle une cadre blanche et élitiste du D66 a inventé une règle sur place pour interdire à un membre issu de l’immigration d’informer les membres du D66 sur les violences systématiques contre les femmes et les minorités sexuelles issues de l’immigration, constituait en soi un scandale. Et, en raison des élections à venir du 29 octobre 2025 : très pertinent pour permettre de faire un choix éclairé concernant le D66. L’establishment du D66 en était indéniablement conscient, car avant le Congrès 122, j’avais envoyé au service de communication et au Bureau national du D66 une tribune concernant la motion APM122.01, en y précisant que j’avais l’intention de la publier dans un quotidien national.
Pour ces deux démarches, il me fallait rassembler des preuves. Surtout pour la publication d’une chronique, qui obéit généralement à des critères journalistiques moins stricts, il fallait des éléments factuels pour étayer ces affirmations. La pièce à conviction absolue et centrale dans ce dossier était la page contenant les règles du Congrès 122, où il était stipulé que la distribution de tracts lors des congrès du D66 était autorisée, tant qu’il était clair qu’ils étaient destinés au D66. C’est pourquoi, le samedi 11 octobre 2025, je suis retourné sur le site web du D66 pour consulter la page des règles du Congrès 122 (archive.org), que j’avais également regardée avec Sabine Andeweg une semaine plus tôt. Et ce qui s’est passé alors, personne ne s’y attendait.
Je fixe mon écran un instant. Sur la page des règles du Congrès 122, il est désormais indiqué qu’une autorisation de l’organisation du congrès est requise pour distribuer des tracts (archive.org). La page fait par ailleurs toujours référence au Congrès 122 et aux Brabanthallen à Bois-le-Duc, alors que le congrès suivant doit se tenir à Nieuwegein. Il n’y a pratiquement aucune autre modification. Il n’est pas non plus mentionné que le texte a été modifié, ni ce qu’indiquait la version précédente. Les métadonnées de la page web révèlent que la dernière modification a été effectuée le 7 octobre 2025 – le deuxième jour ouvrable après le Congrès 122. J’envoie alors un e-mail au Bureau national, qui gère le site web du D66 :
Sur la page des questions fréquentes concernant le Congrès 122, il est indiqué ce qui suit sous « Puis-je distribuer des tracts lors du congrès ? » : « Lors du congrès, vous ne pouvez distribuer des tracts qu’avec l’autorisation de l’organisation du congrès. Envoyez-nous un message via congres@d66.nl pour discuter des possibilités. » Il me semble cependant me souvenir qu’un autre texte figurait ici. Pourriez-vous m’envoyer la version précédente par e-mail ?
Je reste sur ce constat : il est pour le moins remarquable qu’un texte, qui se trouvait une semaine plus tôt au cœur d’un conflit réglementaire, soit soudainement modifié en une version qui justifie la décision de la directrice du Bureau national.
Le lundi, je reçois un e-mail de réponse de l’Eventmanager. Il affirme qu’il existe un règlement intérieur, que chacun accepte lors de l’achat d’un billet. J’avais déjà acheté des billets pour des congrès auparavant sans que ce soit le cas, et ce ne fut pas nécessaire non plus pour le futur Congrès 123. De toute évidence, une exception unique a été faite pour le Congrès 122. Il ajoute qu’en cas d’« informations contradictoires », ce règlement intérieur prévaut toujours. C’est pourquoi le texte sur le site web a été modifié, afin « d’éviter toute confusion » et de le rendre « cohérent » avec le règlement intérieur. De quel règlement intérieur il parle, je l’ignore, étant donné qu’il ne figure pas sur le site web, qu’il n’en cite aucun extrait et qu’il n’insère aucun lien hypertexte vers un document. Heureusement, lors du Congrès 122, il a fait une exception unique pour moi après une « discussion constructive ». Je renvoie un e-mail le jour même avec des questions supplémentaires et je réitère ma demande d’obtenir la version précédente du texte.
Je n’obtiens aucune réponse en temps utile. Étant donné qu’en journalisme, la règle veut que ce qui n’est pas actuel n’est pas pertinent, j’envoie le 18 octobre 2025 une lettre au chef du parti, Rob Jetten, par E-mail Recommandé (Aangetekend Mailen). Il s’agit d’un système juridiquement contraignant, dans lequel le destinataire reçoit une notification et ne peut voir le contenu qu’en choisissant explicitement de l’accepter. Dans l’objet, j’écris « Confidentiel : Demande procédurale d’informations suite au Congrès 122 ». La lettre elle-même s’ouvre sur les formules de politesse d’usage, une description de l’incident survenu lors du Congrès 122, un certain nombre de questions à ce sujet, et une demande de traiter le contenu de la lettre avec discrétion :
Étant donné qu’il ne peut être exclu que des membres ou des collaborateurs de la Direction nationale ou du Bureau national soient impliqués, je vous demande, à vous ainsi qu’aux membres du groupe parlementaire, de ne pas communiquer à ce sujet avec la Direction nationale ou le Bureau national. Cela pourrait potentiellement influencer les procédures et/ou mener à l’altération de preuves. Certains éléments indiquent d’ailleurs que cela s’est déjà produit. En outre, les faits survenus lors du Congrès 122 ont entaché mon sentiment de sécurité au sein du parti.
Naturellement, je conclus la lettre par des remerciements pour son engagement et son leadership durant la campagne électorale, pour les bons résultats, et je lui souhaite beaucoup de succès pour les derniers jours avant les élections. Rob Jetten ne consultera jamais ce contenu et l’e-mail recommandé expirera le 3 novembre 2025, après deux relances automatiques.
Le temps commençant à presser et la pertinence journalistique devenant quasi nulle, de même que le délai de recours de quatre semaines qui touche à sa fin (après quoi un appel devant la Commission des litiges est irrecevable), j’envoie la même lettre au reste du groupe parlementaire du D66 le 24 octobre 2026. Cet e-mail recommandé expire lui aussi après deux relances, cette fois le 5 novembre 2025. À l’exception d’un membre de la Chambre :
Heureusement, grâce à cela, je sais que le groupe parlementaire a au moins vu l’e-mail, et qu’il n’a donc pas atterri dans les courriers indésirables. La raison pour laquelle l’ensemble du groupe parlementaire du D66 – dont deux membres sont aujourd’hui Premier ministre et ministre des Affaires sociales et de l’Emploi (SZW) – refuse alors d’accepter une lettre recommandée dont il savait, ou du moins aurait dû savoir, qu’elle concernait une affaire d’importance, reste à ce jour un mystère non élucidé. La seule raison pour laquelle je n’ouvre pas moi-même certaines lettres, c’est parce que j’en connais le contenu à l’avance.
Un jour avant les élections du 29 octobre 2025, je reçois un e-mail de Sabine Andeweg, en réponse à mon deuxième e-mail adressé au Bureau national contenant les questions supplémentaires et la demande réitérée de fournir le texte original des règles du congrès. Elle y répète l’histoire du règlement intérieur et évoque un critère flou, propice à l’arbitraire, en vertu duquel l’autorisation de distribuer des tracts lors d’un congrès du D66 est accordée. Le texte original de la règle du congrès n’y est pas joint. Cependant, de nouveaux éléments troublants apparaissent :
Sabine Andeweg a répondu à un e-mail qui lui avait été transféré, en l’occurrence mon e-mail adressé à l’Eventmanager le 13 octobre 2025. Lors du transfert de messages, la plupart des clients de messagerie incluent les messages précédents, créant ainsi un fil de discussion. On y trouve également ce que l’on appelle les « en-têtes » (headers), tels que De, À, Date, CC et Objet. Normalement, cela se présente comme suit :
Cependant, dans l’e-mail de Sabine Andeweg daté du 28 octobre 2025, les en-têtes « À » et « Date » sont absents. Cela signifie qu’elle a sciemment supprimé ces en-têtes du fil de discussion. La raison pour laquelle Sabine Andeweg a agi ainsi reste à ce jour un mystère. Plus bas dans le fil de discussion, je découvre un autre détail troublant :
Je ne donne pas suite à l’e-mail de Sabine Andeweg. Une éventuelle voie journalistique a entre-temps été tellement entravée qu’une publication n’est plus d’actualité. La procédure devant la Commission des litiges est techniquement encore possible, mais comme le Bureau national refuse de fournir la pièce à conviction originale et centrale, je n’y accorde pratiquement aucune confiance. Il s’avérera d’ailleurs plus tard que Sabine Andeweg avait également mis la Direction nationale en copie invisible (CCI) de sa réponse. La raison pour laquelle la Direction nationale devait ainsi être informée d’une question procédurale en apparence banale reste, à ce jour, un mystère non élucidé.
Le 29 octobre 2025, le D66 a remporté les élections avec un écart dérisoire de 30 000 voix d’avance sur le Parti pour la Liberté. Seul le Ministère public peut établir ce qui s’est réellement passé, puisque seul ce dernier dispose des moyens de procédure pénale pour le faire. Peut-être que tout cela n’est qu’une série de coïncidences. Mais ce qui est certain, c’est que les fruits de toutes ces coïncidences sont particulièrement doux. Et ce qui est également certain, c’est qu’on savait au sein du D66 qu’un scandale concernant les événements du Congrès 122 constituait un risque existentiel en matière de relations publiques. Bref, j’ai ensuite laissé l’affaire reposer pendant quelques mois, pour la reprendre à l’approche du Congrès 123.
Ce qui est certain, c’est que le 7 octobre 2025, le D66 a commencé à feindre rétroactivement une réalité réglementaire qui n’existait absolument pas le 4 octobre. Lors du Congrès 122, la page contenant les règles avait acquis une vocation probatoire, pour autant qu’elle ne l’ait pas déjà eue, ce que le D66 savait ou était censé savoir. Le parti a donc délibérément manipulé cet écrit afin de priver de moyens de preuve une partie avec laquelle il était en litige.
Au cours de ces mois, il s’est également passé un certain nombre de choses intéressantes, bien qu’elles ne soient pas pertinentes pour le sujet qui nous occupe. En guise de diversion comique, il est peut-être amusant de mentionner que Nienke ‘s Gravemade s’est présentée au Congrès des femmes du D66 d’Amsterdam le 30 janvier 2026 et y a déclaré que les remarques « bizarres » ne peuvent être formulées et imaginées que par des hommes, en faisant référence à la citation « Je ne l’ai jamais fait, donc je pense que j’en suis capable », qui est attribuée (à tort) au personnage de roman Fifi Brindacier.
Offensive de printemps
Le 8 février 2026, j’ai envoyé une lettre à la Direction nationale du D66, articulée autour d’une seule et unique question centrale :
La directrice du Bureau national, Sabine Andeweg, a-t-elle de sa propre initiative interdit à un membre de distribuer des tracts lors du Congrès 122, ou l’a-t-elle fait sur instruction, sous l’influence ou sur les conseils de tiers ? Si oui, de qui s’agit-il ? Sur la base de votre réponse à cette question, je vous ferai parvenir les questions suivantes.
J’y écrivais également : « Le 24 octobre 2025, il a été porté à la connaissance de l’une des personnes de confiance que le membre concerné qualifie l’action de la directrice du Bureau national lors du Congrès 122 d’acte illicite. Selon ce membre, cette interdiction ne repose sur aucune base réglementaire et les faits suggèrent que la distribution du tract a été interdite pour des raisons de fond. Le membre considère qu’il s’agit de censure politique. » J’ai joint à cette lettre un exposé des faits en 104 points, décrivant l’incident survenu lors du Congrès 122 et ses répercussions, en insistant particulièrement sur l’intimidation physique et la modification a posteriori des règles du congrès pour le Congrès 122.
Le 19 février 2026, onze jours plus tard, la Direction nationale m’a répondu. Elle y déclare :
Vos questions portent sur les responsabilités et les procédures au sein de notre organisation. Dans notre e-mail du 28 octobre dernier, le Bureau national a déjà expliqué ces points en détail. Les explications et réponses qui y figurent restent, selon notre conviction, pleinement et intégralement applicables.
Ce n’était littéralement pas ma question. La direction a par ailleurs répété l’histoire du règlement intérieur que l’Eventmanager et Sabine Andeweg m’avaient déjà servie précédemment. La nouveauté résidait dans un fondement supplémentaire sur lequel la Direction nationale justifiait sa mesure lors du Congrès 122 : il y aurait une « méthode de travail fixe et constante ». De toute évidence, tant l’Eventmanager que Sabine Andeweg n’étaient pas encore au courant de cette méthode de travail fixe et constante lors du Congrès 122. La réaction de la Direction nationale m’a fait comprendre pourquoi Pieter Omtzigt a fait un burn-out, car un tel niveau de gaslighting administratif siphonne littéralement toute votre énergie. Je n’allais reprendre ce dossier qu’en juin 2026.
Des règles intérieures voyageant dans le temps jusqu’au Ministère public
Dans son e-mail en date du 19 février 2026, la Direction nationale a finalement bel et bien fait référence à un règlement intérieur. Celui-ci était caché sous forme de lien hypertexte dans l’e-mail. J’ai téléchargé le fichier et examiné les métadonnées. Le document PDF a été créé le 30 mai 2024. Via The Internet Archive, j’ai ensuite consulté les anciennes versions du site web du D66, en particulier la page Statuts et règlements. Je n’ai en tout cas pas pu y constater que ce document ait jamais été publié (et par conséquent, d’un point de vue légal, il n’a jamais pu être en vigueur). Le document ne mentionnait rien non plus sur la nécessité de demander une autorisation préalable pour informer l’Assemblée générale du D66 par le biais d’un tract. On y trouve cependant un passage sur les activités promotionnelles :
Le D66 applique une politique de promotion. Sans autorisation préalable, aucune activité promotionnelle ne peut avoir lieu à l’intérieur ou à l’extérieur.
Toute personne sensée sait que le terme « promotion » désigne le fait de vanter les mérites d’un produit, d’un livre, d’une fondation externe ou d’un service commercial. Ou éventuellement d’un candidat à une élection du D66. Informer les membres du D66 sur un sujet politique ne saurait être qualifié d’activité promotionnelle. Par ailleurs, j’avais entre-temps discuté avec d’autres membres du D66 qui avaient distribué des tracts lors de congrès du D66, et ils ont déclaré n’avoir jamais eu à demander d’autorisation préalable. La Direction nationale s’en est manifestement aussi rendu compte, car le 5 mars 2026, la page Statuts et règlements sur le site web du D66 a été mise à jour avec un nouvel élément : Règlement intérieur des événements et réunions du D66. Ce document PDF s’est avéré, d’après ses métadonnées, avoir été créé le jour même, par l’Eventmanager. Le contenu du document PDF était dans les grandes lignes identique à celui de la version précédente du 30 mai 2024, à ceci près qu’une disposition pour le moins remarquable y avait été ajoutée :
Le D66 applique une politique de promotion. Sans autorisation préalable, aucune activité promotionnelle ne peut avoir lieu à l’intérieur ou à l’extérieur. Les tracts distribués pendant les événements doivent être coordonnés avec le bureau national au moins 48 heures à l’avance.
Le 13 octobre 2025, l’Eventmanager du D66 prétendait qu’il avait rendu la page des règles du Congrès 122 « cohérente » avec un règlement intérieur qu’il n’allait lui-même rédiger que le 5 mars 2026 ! Plus rien n’est surprenant au sein du D66, puisque les règlements intérieurs peuvent manifestement voyager dans le temps.
Lorsque j’ai envoyé une mise en demeure à la Direction nationale le 16 juin 2026 concernant les questions que j’avais posées par e-mail le 8 février, j’ignorais encore que le règlement intérieur avait été fabriqué le 5 mars. Ce constat a été fait quelques semaines plus tard, ce qui a conduit à une série de sommations et de mises en demeure adressées à la Direction nationale. Dans l’une de ces mises en demeure, je me suis adressé personnellement à chaque membre de la direction, en leur proposant de prendre discrètement leurs distances avec la tournure des événements afin de se prémunir de toute responsabilité dirigeante. Aucun d’entre eux n’y a répondu. Étant donné que la Direction nationale s’abstenait totalement de répondre sur le fond, j’ai longuement argumenté par e-mail le 19 juillet 2026 que la Direction nationale maintenait, contre toute évidence, que la décision de la directrice du Bureau national était régulière.
Entre-temps, j’avais acquis une compréhension technique plus approfondie des écrits qui servaient de base aux pages contenant les règles du congrès. Dans cette même lettre, j’ai donc écrit que les faits donnaient l’apparence d’un faux en écriture, faisant part sans aucune ambiguïté de mon intention de soumettre l’affaire au Ministère public. En guise d’ultime main tendue, j’ai donc posé un ultimatum raisonnable « à des fins de désescalade » :
Vous êtes [...] en défaut à mon égard sur le plan du droit civil et du droit des associations. Pour le règlement de nos relations internes et civiles, et afin d’éviter toute escalade (civile) ultérieure, j’offre par la présente à la Direction nationale une dernière occasion de satisfaire aux exigences suivantes dans un délai de cinq jours ouvrables :
Démontrer qu’il existait lors du Congrès 122 un règlement intérieur ou d’autres règlements en vigueur stipulant qu’une autorisation préalable était requise pour la distribution de tracts lors d’un congrès du D66, et que Mme Andeweg était en droit, sur la base de ces règles, de me l’interdire, ou bien fournir une déclaration écrite dans laquelle vous reconnaissez inconditionnellement que Mme Andeweg a agi de manière illicite à mon égard lors du Congrès 122.
Indiquer par écrit et sans ambiguïté avec quels tiers, qu’il reste à identifier, Mme Andeweg est allée se concerter, comme je l’ai déjà demandé le 8 février 2026, et préciser également la nature de cette concertation et la manière dont celle-ci a influencé la prise de décision de Mme Andeweg.
Fournir les textes de la page contenant les règles du Congrès 122, tels qu’ils pouvaient y être lus le 4 octobre 2025.
Est-il encore nécessaire de préciser qu’aucune réponse sur le fond n’a été donnée ? Le 21 juillet 2026, j’ai reçu un e-mail en retour de la Direction nationale. Celle-ci y affirmait que ma présence au Congrès 122 aurait été irrégulière, que je n’aurais « ni le droit ni l’intérêt de [m’en] plaindre », et que la correspondance concernant le Congrès 122 « fait peser sur l’association une charge dont on ne peut exiger qu’elle perdure. » Cette dernière phrase est presque mot pour mot une paraphrase de l’article du Code civil qui permet de mettre fin unilatéralement à l’adhésion d’un membre : une menace d’exclusion à peine voilée. Sachant pertinemment que c’était peine perdue, j’ai mis en demeure la Direction nationale de prendre ses distances avec cette position, ce qui n’a suscité aucune réaction.
La Direction nationale a également profité de ma volonté de désescalade pour me convoquer unilatéralement à un entretien au Bureau national, qui devait porter sur « les attentes mutuelles que l’association peut avoir concernant l’adhésion et le fonctionnement au sein de l’association. » Interrogée à ce sujet, la direction n’a pas voulu préciser avec qui cet entretien aurait lieu, quel serait leur mandat, ni quels seraient les points concrets de l’ordre du jour. Elle a toutefois fait savoir que « l’adhésion à l’association est une affaire mutuellement volontaire, encadrée par la réglementation applicable et régie par la raison et l’équité. » La raison et l’équité. Quand cet entretien devait-il avoir lieu ? Le jour du Prinsjesdag (le Jour du Prince).
C’est ainsi que le vendredi 24 juillet 2026 à 12h00, un agent de l’Unité de police de La Haye a auditionné une personne qui a déclaré que la Direction nationale du D66 avait de facto dirigé la commission d’un faux en écriture par la directrice du Bureau national du D66, et qu’avec ses menaces, elle avait manifestement tenté de restreindre la liberté de cette personne de faire une déclaration, et cette personne a signé le procès-verbal de la plainte le vendredi 24 juillet 2026 à 17h11.
Épilogue
Entre-temps, l’incident du tract du Congrès 122 est devenu un secret de Polichinelle au sein du D66. J’ai écrit à plusieurs instances – dont le groupe local du D66 à Amsterdam et, par erreur, à deux adjoints au maire, à la députée Marieke Vellinga-Beemsterboer, ainsi qu’à la direction du Réseau Els Borst – pour leur demander de prendre position à ce sujet ou d’engager le dialogue. J’ai également fourni systématiquement à l’ensemble du réseau des personnes de confiance des copies de la correspondance avec la Direction nationale. Il existe aussi une Commission d’enquête sur l’intégrité, mais je ne l’ai pas saisie, car selon son propre règlement, elle n’est pas compétente si des collaborateurs du Bureau national sont impliqués.
Ils ont tous omis de répondre. La présidente du Réseau Els Borst a cependant jugé opportun de me sommer, via LinkedIn, de retirer la mention « candidat-président du Réseau Els Borst » de mon profil, au motif que mes publications seraient en contradiction avec les convictions du Réseau Els Borst. Elle ne m’a pas précisé de quelles convictions il s’agissait. C’est pourquoi l’intitulé de ma fonction est désormais « ancien candidat-président du Réseau Els Borst ». D’ailleurs, la Direction nationale et la direction du Réseau Els Borst n’ont pas non plus réagi lorsque je les ai informées par écrit des menaces liées à mes activités au sein du D66 :
Garde cette même énergie. Je vais te retrouver. Ta pute de mère. Tu as vraiment un sérieux problème avec moi. Je vais te défoncer les dents. Je sais que tu es actif au D66 à La Haye. J’en ai rien à foutre de faire de la taule pour ça, je vais t’envoyer direct aux soins intensifs. Tu es prévenu, sale nabot de merde. Je vais faire ma petite enquête [pour savoir à quelles réunions du D66 tu vas] et je jure sur tout ce qui m’est cher que tu vas ramasser tes dents par terre et que tu vas finir aux soins intensifs. Garde cette même énergie le moment où je serai face à toi. Je le jure sur la mort de ma mère, un jour je serai face à toi. Je continuerai à te piétiner la tête et je m’en fous de savoir si [la police] est là. Je suis un malade dans ma tête.
J’ai reçu cette menace parce que lorsqu’il a déclaré que son « honneur et sa fierté » résidaient dans les membres féminins de sa famille, je lui ai demandé pourquoi son « honneur et sa fierté » dépendaient alors de ce que sa mère fait de son vagin. Plus tard, une demande d’accès aux données au titre du RGPD révélerait que cette lettre avait disparu par magie. Bref, la raison pour laquelle j’ai eu l’illusion d’obtenir une réponse cette fois-ci reste à ce jour un mystère.
J’ai également tenté d’engager une procédure devant la Commission des litiges pour faire appel du fait que mon ultimatum en date du 19 juillet 2026 avait été ignoré. Celle-ci a statué que la demande était irrecevable, au motif que l’incident s’était produit lors du Congrès 122 et que le délai de recours était donc largement dépassé. Après que j’ai fait savoir sans la moindre ambiguïté qu’il s’agissait d’un recours contre la décision de la Direction nationale de ne pas accéder à mes exigences légitimes, la Commission des litiges n’a plus du tout répondu. Le délai de rigueur pour ce faire a expiré le 28 août 2026 à 17h00.
Entre-temps, j’ai discuté de l’incident du Congrès 122 avec de nombreux membres du D66. Pourquoi alors est-ce que je documente tout avec une telle obsession ? Parce qu’autrement, je me serais retrouvé les mains vides et je n’aurais absolument rien pu prouver. The Internet Archive ne ment pas. La seule à mentir, c’est la Direction nationale du D66. Alors on me dit : « Tu as raison, Izzy, mais ce n’est quand même pas à ça que tu as envie de consacrer ton énergie, si ? » En effet, ce n’est pas à cela que j’ai envie de me consacrer : ce qui m’importe vraiment est exposé au début de ce long format. Mais c’est trop facile de dire qu’il faut simplement avaler la pilule, quand on n’est pas soi-même celui qui doit l’avaler.
Si l’on n’est pas soi-même celui qui, sous le coup d’une intimidation physique fondée sur une mesure inventée sur place, se voit entravé dans la poursuite de ses objectifs politiques, alors c’est en effet très simple. Et si l’on n’est pas soi-même celui qui évolue parmi des individus libres, ayant par hasard des ancêtres nés à l’étranger, et dont le désir de liberté ne reçoit pour toute réponse que la violence et l’exclusion. C’est un prix que trop de personnes dans notre pays doivent payer chaque jour pour leur liberté, lorsqu’elles refusent de se soumettre à la religion que leurs parents ont choisie pour elles ou aux diktats de la prétendue « chaleureuse » communauté à laquelle elles ont été intégrées sans l’avoir demandé. Et Rayaan al-Najjar, qui n’a pas plié face à la religion que ses bourreaux voulaient lui imposer, a payé ce prix de sa vie.
Si des jeunes filles de quatorze ans en tenue d’intérieur rose ne plient pas face à des menaces de mort, je ne céderai certainement pas face aux usurpateurs qui s’autoproclament Direction nationale du D66. Les voies de recours politiques et juridiques au sein du D66 sont désormais épuisées. C’est pourquoi il appartient maintenant aux membres de juger ces faits. La Direction nationale devra s’expliquer sur les événements du Congrès 122, et si les membres du D66 ne l’y obligent pas, le poing de la liberté l’y contraindra par la voie d’une procédure civile.
Il reste à ajouter qu’il est évident que la Direction nationale a l’intention de m’exclure le jour du Prinsjesdag (le Jour du Prince). Cependant, la Direction nationale ne peut pas m’exclure, car, à la date de la présente publication, je la déclare dépourvue d’autorité : en effet, une direction qui ment de manière avérée et qui donne l’apparence de se livrer à des activités criminelles ne peut plus avoir l’autorité ni la compétence pour prendre des décisions au nom du D66, noble maison des Lumières, parti de la démocratie et de l’État de droit, héritage de Hans van Mierlo et d’Els Borst.
Izz ad-Din Ruhulessin
29 août 2026







